Africatho ?

L’esprit Africatho

Le mouvement ‘Jeunes-Africatho’ ou jeunes de l’aumônerie nationale africaine de France, désigne plus largement aujourd’hui des centaines de jeunes, installés ou de passage en France, qui se donnent pour mission de cultiver des raisons d’espérance (dans un monde qui en est en carence) en se basant sur deux angles de vues : (i) L’africanité et la foi catholique. Ce projet missionnaire hybride s’adresse tant aux croyants des deux angles de vues qu’aux incroyants, agnostiques ou à ceux qui partagent l’un de ces angles de pensée. Les cibles de cette démarche missionnaire sont autant les jeunes africains catholiques en premiers que tous les autres jeunes et moins jeunes, croyants ou non, africains ou pas, qui nourrissent une sensibilité aux messages d’accueil, de rencontre, de promotion, de valorisation et de paix entre différences culturelles, religieuses, d’opinion… en vue d’une communion interculturelle féconde. Tel est le projet porté par les ‘Jeunes-Africatho’ aujourd’hui et dont les Rassemblements nationnaux (RJA)constituent une activité majeure.

À travers l’aumônerie nationale africaine, il mène ses activités en lien avec l’Église de France par le Service National de la Pastorale des Migrants de la Conférence des Évêque de France. Fort de son impressionnant réseaux de talents et d’idées, il fédère de centaines de jeunes (étudiants et jeunes-pro pour la plupart) en France et en dehors, avec à cœur de redonner aux uns des raisons de croire, d’espérer et de vivre en harmonie interculturelle en France (intégration), et aux autres de garder un lien avec l’Afrique.

Mais comment en est-on parvenu à ce projet Africatho et quelles démarches l’ont influencées plus tôt ?

Sous l’impulsion de l’aumônerie nationale africaine et comme réponse à sa mission pastorale, des jeunes catholiques africains vivant ou de passage en France ont depuis 2008 expérimenté des rencontres en vue de réfléchir aux enjeux ecclésiaux et sociétaux qui interpellent leurs mobilités/vécues/foi dans le pays qui les accueille. Ce besoin restant toujours en lien avec l’Eglise de France, via le service de la Pastorale des Migrants de la Conférence des Evêques de France, qui lui en donne mission et aumônier.

Comme accélérateur, les émeutes parisiennes de 2005, ont amené l’Eglise, sur demande de l’état, à solliciter l’expérience de l’aumônerie africaine dans la résolution des défiances interculturelles que les préjugés avaient mis au jour. Après un important travail de préparation, de consultation et de discernement, une réponse de l’aumônerie fut d’expérimenter une rencontre nationale des jeunes issus des communautés catholiques africaines de toute la France, elle se tint les 22-23 novembre 2008 au lycée Saint Nicolas d’Issy-les-Moulineaux. Si cette rencontre ne permis pas d’éradiquer les méfiances interculturelles mutuelles, elle aura au moins permis de percevoir l’immensité du travail restant à déployer en vue de favoriser une meilleure communion entre accueillant/accueilli en France. En cela, bien que l’Eglise soit plus outillée, elle reste encore très attendue. C’est ainsi que saisissant la tribune de son homélie au cours de cette première rencontre des Jeunes-Africatho en 2008, Mgr Gérard DAUCOURT, alors Évêque de Nanterre, insista à quel prix «(…) notre Église sera davantage une Église qui exprime et valorise sa diversité, et qui sera un lieu où les femmes et les hommes de partout vivront une relation de confiance, puisant toute leur force en Dieu lui-même (…) ».

Devant l’exploitation mitigée des semences de 2008 et le désir des jeunes de se fédérer, l’aumônerie missionna en 2013 une fraction représentative des jeunes engagés au sein de ses plus actives communautés en vue de reproduire le rassemblement de 2008. Dans une déclinaison renouvelée, cet ambitieux projet coïncidera avec le souci des jeunes catholiques Africain(e)s de se fédérer en France en créant un espace d’échange, de partage et de témoignage sur leurs engagements, leurs difficultés d’intégration et leurs défis d’intégration/adaptation. Cette attente s’est convertie en un nouveau projet baptisé « Jeunes-Africatho », mêlant encouragements mutuels à surmonter avec foi les éprouvantes inflexions d’immigré(e) et cadre nourri de réflexion au cœur des préoccupations des jeunes d’aujourd’hui. L’idée fédératrice était alors de réinventer une espérance nouvelle à la lumière de la foi et des valeurs interculturelles africaines. Le concept « Jeunes-Africatho » était ainsi né.

Ainsi, sept ans après l’essai de 2008, la récidive se tint enfin du 30 Oct. au 01 Nov. 2015. Plus de 150 jeunes, en provenance de 25 diocèses distincts de France se rassemblèrent au couvent des sœurs franciscaines de la Clarté-Dieu, à Orsay pour réfléchir ensemble sur le thème : « Jeune : il y a des raisons de croire… « . Ce thème sonnait comme une réponse d’espérance aux multiples raisons que chacun pouvait trouver de ne plus croire, en arrivant dans un nouvel environnement culturel qui en donnent si facilement. Un mémoire reprenant les réflexions majeures de cette rencontre est à disposition en ligne. Partant de cette expérience, les jeunes s’engagèrent à périodiser ce rendez-vous tous les deux ans. Le rassemblement 2015 ne fut donc pas qu’une récidive de 2008 mais le berceau d’une nouvelle dynamique de la jeunesse africatholique en France. C’est dans cet esprit que ces jeunes fondèrent un chœur national, appelé Chœur Africatho de France, réunissant les talents passionnés de chant choral interculturel en vue de promouvoir leurs idéaux de communion interculturelles et d’évangélisation par le chant au-delà des rassemblements biennaux.

En consolidation, du 27 au 29/10/2017, la troisième édition du Rassemblement des Jeunes Africatholiques (RJA) de France réunit près de 200 jeunes à Orléans, autour du thème : « Jeunes : sous influences multiculturelles, apports en Église et en société… ». En cohérence avec les apports de 2015, les participants ont questionné les richesses de leurs héritages culturels et la densité de leurs compatibilités avec l’évangile, l’Église et la société qui les accueillent, en vue de caractériser leurs contributions au bénéfice de ceux-ci. Les réflexions qui en ont découlées sont reportées dans le mémoire RJA 2017.

C’est donc dans la continuité de ces trois précédentes éditions que s’est reproduit du 01 au 03 novembre 2019 à Lyon la quatrième édition du Rassemblement des Jeunes-Africatho de France (RJA 2019), sous le thème : « Quelles stratégies d’acculturation pour quelles espérances ». Après avoir évoqué en 2008 la densité des défis socio-pastoraux qui sommeillaient dans les m(d)éfiances mutuelles, les jeunes ont été invités en 2015 à enrichir leurs raisons de croire malgré tout. En 2017, la conversion de ses raisons de croire en actions (apports) fertiles respectueuses des héritages multiculturels de leurs environnements de vie a permis d’amorcer la thématique de la 4ème édition qui visait à compléter les précédentes en positionnant la réflexion sur les modes de rencontre (acculturation) optimaux susceptibles de fertiliser une réelle communion interculturelle (stratégie) vecteur d’espérance féconde en tous.

Autrement résumé :

2008Mise en lumière des défis du vivre ensemble
2015Recherche des raisons d’espérer en un mieux vivre-ensemble
2017Valorisation des patrimoines culturels mutuels pour mieux s’apporter
2019Invitation à la rencontre qui enrichie la communion des différences culturelles